1950 : les origines

Neuf copains, âgés de 16 à 23 ans, membres de la chorale « Pueri Cantores » de l’Oeuvre Jean-Joseph Allemand, animés d’un même amour de la musique et du chant, créent un ensemble vocal à voix égales d’hommes : « Les Baladins de la Chanson ». Chantant « a cappella », sans partition et sans direction, ils montent pour la première fois sur scène en avril 1950 à l’occasion de la kermesse de l’Oeuvre. Ils ont la chance de compter dans leurs rangs Guy Morançon, compositeur et harmonisateur de grand talent, ainsi que Jean Boyer, puis André Poutchy, musiciens et poètes paroliers. Ainsi, les années qui suivent les voient étendre leur audience géographiquement et musicalement. Ils participent à de nombreux spectacles et manifestations dans Marseille et sa région : Grand bal de l’Alliance Française, rencontre avec Lanza del Vasto, passages à Radio Marseille, tournées estivales avec la chorale « A Cœur Joie » (Bénélux, 1951, Catalogne et Andalousie 1952).

 

Remarqués par Francis Lemarque, ce dernier leur propose en 1953 une tournée en URSS…qui pourrait déboucher au retour sur le professionnalisme. La proposition est tentante, l’URSS est à cette époque un pays mystérieux, honni ou vénéré, mais fascinant. Mais, après l’enthousiasme initial, le projet est finalement jugé irréaliste. Pouvaient-ils abandonner leurs études ? Auraient-ils réussi dans la durée ? Que serait-il advenu de leur amitié, du plaisir de chanter, de la joie d’être ensemble, qui restent aujourd’hui le moteur du groupe ?

 

1960 : les « années folles »

Le groupe se trouve à une croisée des chemins. Les « 9 » copains d’origine sont entrés dans la vie active, certains ont quitté Marseille. Ils vont cependant retrouver un second souffle grâce à l’arrivée d’une équipe de jeunes très motivés, dynamiques, talentueux, bons chanteurs et musiciens, issus, ou amis, comme il se doit, du chœur « PueriCantores » de l’OJJA. Commencent alors pour les Baladins de la Chanson les « années folles ». Ils ajoutent au chant « a cappella » des accompagnements instrumentaux. Leur répertoire s’étoffe : concerts de musique sacrée, chants de la Renaissance, chants modernes, negro-spirituals. André Poutchy, leur compositeur attitré, est en plein épanouissement de son activité créatrice d’un très haut niveau artistique : voici les Baladins de la Chanson propulsés vers des spectacles de music-hall avec un programme qui leur est entièrement personnel. Les concerts se multiplient, et s’y ajoutent les tournées estivales dans les Casinos de Provence, de Savoie, d’Auvergne, des Pyrénées.

 

 

Sous la houlette de Marc Gimbert, imprésario très connu dans le Sud-Est de la France, qui a remarqué leur talent, ils se produisent dans de grandes fêtes populaires attirant des milliers de spectateurs : Palais des Sports de Marseille pour le gala de la Mutualité des Travailleurs, Théatre de la Nature à Gémenos, Fêtes de la Marseillaise en pays gavot et cévenol. Toujours bien accueillis par le public, ils « font » la première partie des concerts donnés par les chanteurs et chanteuses vedettes de cette époque : Reda Caire, Colette Deréal, Nana Mouskouri, Georges Ulmer, Nancy Holloway, Jean Ferrat, Isabelle Aubret… habitués des concerts organisés par Gimbert.

1970 : vingt ans après

Le groupe a atteint sa maturité. Ils sont maintenant une vingtaine de choristes, dirigés d’abord par Henri Bouteille, auquel succèdera Gilbert Goyet, chef de chœur aujourd’hui. Ils retrouvent un programme « a cappella » sauf pour certains morceaux de musique sacrée accompagnés à l’orgue par Gérard Gelly, l’un des leurs, devenu un organiste talentueux. Les années 70 sont aussi celles des premiers grands enregistrements des disques des Baladins, dans le studio de Jacques Loussier à Miraval où se pressent alors les grands artistes. Les Baladins chantent aussi pour des films ou des feuilletons T.V. : « Le Roi qui vient du Sud », « Un chien de saison », « Dallas ». Quelle carte de visite !

 

 

 

1980: ambassadeurs du chant choral en Europe

Les années 80 sont celles d’échanges avec d’autres chœurs. C’est une nouvelle expérience, enrichissante et propice à l’amitié. « Nous allons chanter chez eux, ils viennent chanter chez nous »… Volterra (1983), au cœur du pays étrusque, Merano (1988), au pied des Dolomites, Carrare dans son écrin de marbre blanc et, en France, le festival de Tallard (1982), et de Chatte (1983). 1986 : le Hamburger Liedertafel vient à Marseille et le premier concert avec les Baladins de la Chanson se tient dans la Vieille-Major. A Hambourg, les Baladins seront reçus officiellement dans le Rathaus par les plus hauts magistrats du land, pour un concert d’une haute valeur artistique dans la ville natale de Brahms.

 

 

1990 : l’Italie à leur répertoire

Le 1er mai 1990, les Baladins de la Chanson organisent un festival international de chœurs à voix égales d’hommes. Y participent le « Coro Concordia » de Merano, le chœur basque « Haizpetik » d’Hasparrem et, bien sûr, le « Hamburger Liedertafel » avec lequel des liens amicaux solides ont été tissés. 1995, le 2e festival international réunit le chœur basque « Gatzelupe » de San Sebastian, le « Hamburger Liedertafel » et les « Baladins ». Le 3e, en 1998 leur fit retrouver le chœur de San Sebastian, et découvrir le chœur italien « I Crodaioli » d’Arzignano de Beppi de Marzi dont ils vont adopter de nombreux morceaux; avec, en innovation, la participation de la Maîtrise Gabriel Fauré, chœur marseillais à voix égales de femmes. 1998, les Baladins « montent » à Paris pour donner un concert à la Chapelle du Val de Grâce pour les 70 ans de Guy Morançon.

 

 

2000 : la belle histoire continue

En l’année du 2e millénaire, les Baladins de la Chanson éditent un coffret de 4 C.D. retraçant leurs 50 ans de chants. Figurent dans cet album tous les succès des Baladins enregistrés depuis leur début : compilation de disques 33 et 45 tours, enregistrements radio, de studio ou de concerts en public. Les chansons d’André Poutchy, harmonisées par Guy Morançon y ont une grande place, mais elles sont associées aux pièces de Bepi de Marzi, aux chants traditionnels basques ou allemands, glanés lors des concerts européens des Baladins, aux chants sacrés, aux negro-spirituals… L’album est accompagné d’un texte retraçant la saga des Baladins. A Marseille, ND de la Garde, l’abbaye de Saint-Victor, l’église Saint-Charles… et à Aix en Provence l’église Saint Jean de Malte, les accueille pour l’animation des offices solennels. Ils donnent des concerts pour les Restos du Cœur (2004), les Enfants malgaches (2004), le Secours Catholique (2006), le Téléthon, Enfants du Monde… Et, bien sûr, leur fidélité à l’œuvre Jean-Joseph Allemand (leur « port d’attache ») reste sans faille : les Baladins sont présents aux cérémonies qui marquent les grands moments de la vie de l’Oeuvre (Epiphanie, Kermesse…). Quant à leur participation ou à l’organisation de festivals, elles se poursuivent avec le même enthousiasme et le même succès.

 

Concert à Notre -Dame du Mont. Mars 2007

 

Mai 2001, Marseille, avec le « Hamburger Liedertafel », « I Crodaioli » d’Arzignano, et « Amicroches » de Waterloo.

Juin 2002, Arzignano dans le Tyrol italien, chez « I Crodaioli ».

Octobre 2004, Montefiore en Italie.

Mai 2005, Marseille, avec les « Chœurs du Mercantour », le chœur de Montefiore, la chorale Li Cantadis Mai 2006, Hambourg avec le « Hamburger Liedertafel », réception au Rathaus en présence du consul de France.

 

 

En France, ils participent en avril 2006 à la 6e rencontre internationale de chœurs d’hommes à Chatte (Isère) avec le chœur « Entresol », l’ « Arms-Park Male Choir » de Cardiff, « Voci Amici » de Sion (Suisse), le chœur Les Garrigues de Saint Bauzille de Montmel.

 

Juin 2006, invités par leur ancien chef de chœur H. Bouteille, ils clôturent le festival « Choralissimo » à Rognac. Enfin, septembre 2006, concert avec les Jeunes violonistes et le chœur mixte « Amadeus ». Et la route en chansons continue ! Les années se sont écoulées, des amis sont partis, d’autres ont malheureusement disparu, des nouveaux sont venus les rejoindre. Mais toujours avec la même conviction, avec le même talent, les Baladins de la Chanson font partager leur amour du chant au public qui les écoute. Et pour longtemps encore !